Publié le 07-02-2008
Appel de la CA académique

Appel de la CA académique du SNES du 5 février 2008

Les difficultés salariales des enseignants, notamment des jeunes collègues sont réelles. Et il s’agit là d’une préoccupation majeure du SNES. Ce qui est en cause c’est le décrochage incessant et croissant de la valeur du point d’indice sur les prix, dont les effets sont meurtriers : tous les salaires, mais aussi les pensions sont tirés vers le bas, les premiers salaires d’enseignants se rapprochent inexorablement du SMIC, le bénéfice des avancements est écrasé.

Avec un certain cynisme, le gouvernement spécule sur ces difficultés pour s’exonérer de toute réévaluation du point d’indice et pousser les personnels à choisir la voie des HS pour compenser. Or cette voie est extrêmement dangereuse. Pourquoi ?

D’abord parce que la logique de décrochage de la valeur du point sur les prix – qui d’ailleurs s’emballent – ne serait alors pas enrayée. Et produirait les mêmes effets : un salaire encore plus bas que bas et des gains réels de déroulement de carrière encore plus écrasés. Ensuite parce que, il convient d’insister sur ce point, l’HS même défiscalisée est payée très en dessous de l’heure normale. L’Etat a donc tout intérêt à supprimer des postes pour nous contraindre à travailler plus, sachant qu’on le ferait alors à moindre coût.

L’avalanche d’heures supplémentaires n’est pas une réponse acceptable à nos problèmes de pouvoir d’achat. Elle en constitue même un facteur d’aggravation. Mais il faut voir plus loin.

Sortir du principe de recours aux HS comme moyen d’ajustement, basculer comme c’est le cas aujourd’hui vers le financement de besoins pérennes et identifiés par la suppression d’emplois transformés en HS, c’est condamner des milliers de jeunes qualifiés au chômage par l’effondrement des recrutements. (CAPES, AGREG).

Mais c’est aussi condamner son propre emploi à la déréglementation, à l’instabilité, à l’insécurité.
Les premiers échos qui remontent des établissements, à l’occasion de l’examen des DGH et des TRMD, montrent la nocivité et l’absurdité de la substitution d’HS aux heures-postes. Multiplication des mesures de carte scolaire, multiplication de services partagés (y compris là où serait possible l’attribution d’un service complet), constat de carence sur la confection de services respectant l’obligation d’au plus une HS, étranglement voire anéantissement des possibilités de mutations : voilà ce qui se dessine.

Qui ne voit d’ailleurs que la volatilité des HS comme moyen d’enseignement confère à ces mêmes enseignements le même caractère de volatilité ? Et que, demain…leur réduction voire leur suppression n’en seraient que plus aisées. Cette hypothèse est-elle vraiment à écarter au regard de l’objectif rappelé par le Président de la République de suppression d’environ 80000 emplois dans l’Education ?

Qui ne voit surtout que l’avalanche d’HS est le Cheval de Troie de la déréglementation de nos services ? Nous avons été exclus de toute réduction de notre temps de travail alors que cette réduction est un paramètre essentiel de l’amélioration du second degré, de sa qualité. Notre métier est complexe, de plus en plus lourd et difficile. Les publics auxquels nous enseignons sont de plus en plus hétérogènes, voire de plus en plus éloignés des références et des codes de l’Ecole. Nous avons besoin de temps – de temps pour la formation, de temps pour la concertation et le travail en équipes, de temps réflexif.

Or, que nous propose-t-on ? De nous remplacer les uns les autres, de remplacer les COPsy, les MI/SE, d’investir le champ institutionnel du CA, du Conseil Pédagogique, du projet d’établissement, de montrer toute disponibilité avec les familles…et maintenant de consentir à l’augmentation de notre temps de service en nous renvoyant aux contraintes des DHG.

Il est des démonstrations à ne pas faire. L’absorption d’HS est de celles-là. D’abord, parce qu’elle enlèverait beaucoup de crédit à ce que nous dénonçons : l’alourdissement de notre charge de travail. Ensuite et surtout, parce qu’il faut être aveugle pour ne pas voir que la déréglementation de nos services, en référence à des maxima horaires hebdomadaires, est dans les tuyaux. Porter l’obligation d’HS à 3 heures pour les agrégés, 2 heures pour les certifiés est une piste. La référence à l’année, avec obligation de 36Í18 heures faites avant décompte local des HS, et modulation des horaires par période, en est une autre.

Nous ne pouvons laisser faire !
L’engagement collectif est une force !
Ensemble, dans l’unité, engageons-nous
!

  • Parce que, dans le service public d’éducation, les besoins pérennes (heures d’enseignement, remplacements d’enseignant) doivent être financés par des emplois
  • Parce que la revalorisation salariale, la progression du pouvoir d’achat supposent le relèvement urgent de la valeur du point d’indice qui seule garantira, et pour tous, le plein effet des avancements
  • Parce que notre métier, complexe, de plus en plus difficile, suppose que l’on nous donne du temps, et que l’on cesse de nous demander toujours plus
  • nous exigeons la restitution dans les DHG des 1080 heures-postes transformées en autant d’HSA, dont la vocation n’est pas de financer des besoins d’enseignements disciplinaires pérennes et parfaitement identifiés
  • nous nous engageons à tout mettre en œuvre :

pour qu’aucune mesure de carte scolaire et qu’aucun complément de service ne soient la conséquence d’un excès d’HSA
pour, qu’aucun de nos collègues ne soit, contrairement à ses souhaits, en situation de service excédant l’obligation d’au plus une HSA