Intervention du SNES-FSU au CTPA du premier avril 2008
La préparation de la rentrée dans les lycées de l’académie s’inscrit dans un contexte difficile, inacceptable.
Les annonces de suppressions de postes, l’inflation des heures supplémentaires, les fermetures de sections ont suscité de fortes mobilisations.
Il y a rarement eu autant de réactions que cette année dans les établissements, qu’il s’agisse de rassemblements, de boycotts de CA, de votes contre les DGH, de motions, de demandes d’audience, de communiqués de presse, d’installation de silhouettes noires pour symboliser les suppressions de postes, de pétitions, d’occupations de locaux, d’interpellation des élus, de réactions des parents, sans compter la grève et la manifestation du 18 mars. On peut y ajouter la signature d’engagements collectifs contre les HSA – certains établissements enregistrent jusqu’à 117 signatures et les actions continuent.
S’il y a autant de détermination, c’est que les problèmes posés atteignent une ampleur inquiétante, tant en ce qui concerne la gestion des personnels que les conditions pédagogiques.
En ce qui concernant les postes d’enseignants il est prévu de retirer 103 postes des lycées et LP de l’académie, les créations étant pour leur part limitées à 15.
Ajouté au solde négatif de 37 postes dans les collèges, ce déficit de 88 postes aboutit donc à un retrait de 125 postes définitifs.
Un retrait de 125 postes qui va peser très lourd dans le mouvement intra.
Certes, ce sont surtout les départs en retraite qui ont été visés en cas de suppressions de postes – subsistent tout de même 19 mesures de carte scolaire – ce sont autant de postes en moins attendus parfois depuis longtemps par d’autres collègues, par exemple des titulaires remplaçants qui voient s’effondrer littéralement leurs possibilités de stabilisation.
Les compléments de service dans un autre établissement, déjà bien trop nombreux dans notre académie risquent de connaître une inflation inquiétante.
Mais il serait inacceptable, comme nous avons pu le voir dans certains TRMD que figurent dans la même discipline complément de service donné et heures supplémentaires. S’il y a des heures supplémentaires, c’est qu’il y a des besoins et à partir de là, il convient avant tout de proposer un service complet aux collègues de l’établissement.
Nous voudrions aussi alerter sur le fait que les TRMD sont parfois (ou souvent) fictifs.
Devant compléter leurs colonnes HP d’une part, HSA d’autres part, les chefs d’établissement ont rempli leur colonne. Mais sans avoir l’assurance que la colonne HSA correspondait à une réalité (sans avoir la certitude qu’elles seraient acceptées par les enseignants ou que la confection de services était viable avec les prévisions faites).
Si on se confronte à la réalité, on sera probablement amenés à établir des constats de carence.
Nous reviendrons sur la question des heures supplémentaires et sur les disciplines où elles ont été plaquées.
Toujours est-il que l’aspect très contraint de l’exercice, a conduit les chefs d’établissements à s’intéresser d’avantage au total de chacune des colonnes qu’à chercher les solutions les plus appropriées pour régler les difficultés scolaires.
Qu’en sera-t-il par exemple des dédoublements en langue vivante ?
On aura l’occasion de voir d’autres exemples en examinant les situations au cas par cas.
Les collègues ne voient donc aucune embellie, ni dans la gestion des postes, ni dans celle de leur métiers et de leurs conditions de travail (et si le ministre devait suivre les préconisations du rapport Pochard, nulle doute que la profession ne resterait pas sans réaction), ni en ce qui concerne les conditions pédagogiques. A cet égard, Xavier Darcos avait annoncé dès son arrivée au ministère, une réforme des lycées.
Le ministre garde aujourd’hui un silence qui n’a pas rien de rassurant dans la mesure où la perspective de retirer encore 80 000 postes de l’Education Nationale d’ici 2012 ne peut pas être sans incidence sur une telle réforme.
Voilà pourquoi, Madame le Recteur, l’heure n’est pas à demander aux enseignants de « travailler plus ».
Voilà pourquoi nous vous demandons d’utiliser votre marge pour limiter les suppressions de postes
Voilà pourquoi nous souhaitons que vous transmettiez au ministre de l’Education notre demande de transformation de HSA en postes et plus globalement d’un collectif budgétaire.
Communiqué de presse
Janine VAUX
Daniel JAMIN
Secrétaires académiques du SNES
A Monsieur le Rédacteur en chef
Nous vous prions de trouver ci-dessous un communiqué de presse dont nous souhaitons l’insertion dans votre prochaine édition régionale
Communiqué de presse
La rectrice a consulté ce jour le Comité Technique Paritaire Académique sur la préparation de la rentrée 2008 en lycée. Ses propositions sont dans le droit fil de ce que la très grande majorité des personnels récusent : le retrait d’emplois et l’inflation d’heures supplémentaires.
Ainsi, 103 postes sont-ils supprimés pour 15 créés, coexistant avec 3389 heures supplémentaires (équivalant à 185 postes !).
Ce solde négatif de 88 postes concerne les lycées des 3 départements de l’Académie :
–27 en Corrèze, –17 en Creuse, –44 en Haute Vienne
De telles orientations sont incompatibles avec un enseignement de qualité, également réparti sur tout le territoire de l’académie. Elles engendrent une augmentation de la charge de travail des personnels enseignants ou une mobilité contrainte (services partagés sur plusieurs établissements) inacceptables. Elles déstabilisent l’emploi, les équipes éducatives.
Les élus du SNES, SNEP et SNUEP (FSU) ont clairement montré, qu’en l’état, la rentrée ne serait pas possible. Ils appellent les personnels à poursuivre l’action afin d’obtenir le rétablissement de tous les postes supprimés notamment ceux transformés en heures supplémentaires.