Publié le 19-09-2007

Interview de Gérard Aschieri à l'issue du discours présidentiel (extraits)

La révolution culturelle annoncée par Sarkozy aux fonctionnaires.


En matière de révolution culturelle, voici quelques une des pensées du Président exprimées à Nantes le 19 septembre 2007 :

Confirmation du rôle de la RGPP : pour supprimer des milliers d'emplois de fonctionnaires, il faut réformer l'Etat et la Fonction Publique.
« Avec la révision générale des politiques publiques, un dispositif sans précédent a été mis en place : 18 équipes d'audit composées de 200 auditeurs publics sont à pied d'œuvre pour proposer des réformes portant sur l'ensemble des mille milliards d'euros de dépenses publiques. Leurs propositions sont présentées chaque semaine à un comité de suivi co-présidé par le secrétaire général de l'Elysée et le directeur de cabinet du premier ministre associant les ministres concernés. Je présiderai un conseil de modernisation des politiques publiques avec tous les ministres à la mi-novembre. Ces travaux continueront jusqu'en avril où aura lieu un second conseil de la modernisation des politiques publiques dont les décisions seront intégrées dans la préparation d'un budget pluriannuel couvrant la période 2009-2011. »
« Le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux ne peut être que la conséquence de la redéfinition des missions et du changement de méthodes et d'organisation. Le rythme de diminution des effectifs de l'Education Nationale sera fonction des progrès réalisés dans la remise à plat des programmes et des rythmes scolaires, qui est nécessaire à l'équilibre de nos efforts. »

Des fonctionnaires moins nombreux mais mieux payés, individualisation des rémunérations et des heures supplémentaires.
« Je souhaite une fonction publique moins nombreuse, mieux payée, avec de meilleures perspectives de carrière. »
« Ouvrir le chantier de l'individualisation des rémunérations pour qu'il soit davantage tenu compte du mérite, de l'implication, de l'expérience, des résultats. »
« Mais avant tout il faut parier d'un sujet qui fâche, un de plus, les heures supplémentaires. (…) Elles doivent, comme dans le secteur privé, être mieux payées que les heures normales. Elles serviront par exemple à rémunérer les enseignants qui encadreront les enfants après la fin de la classe ou les fonctionnaires qui travailleront davantage pour que les guichets soient ouverts au public le samedi.
Je veux que toutes les catégories de fonctionnaires puissent avoir droit à des heures supplémentaires quel que soit leur statut. »

Mobilité
« II faut que les ressources puissent être constamment redistribuées en fonction des nécessités. »

Fin des corps
« Le corps doit devenir progressivement l'exception. Je souhaite que ce soit dans la plupart des cas une gestion par métier qui prévale. »

Un « pécule » pour quitter la Fonction Publique
« Je suis favorable à ce que l'on ouvre à tous les fonctionnaires la possibilité de quitter la fonction publique contre un pécule, comme on l'a fait dans le passé dans certains secteurs de l'Etat pour en accélérer la transformation. »

Des contrats de droit privé
« Pour certains emplois de la fonction publique il serait souhaitable qu'on laisse le choix aux nouveaux entrants entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré. »

« Remettre de l'humain »
« Je voudrais remettre dans l'administration de l'humain, de l'individualité, de la différenciation dans la gestion de la fonction publique. Ce que je voudrais, (…) c'est que l'on cesse de gérer des statuts et que l'on se mette davantage à gérer des hommes et des femmes. (…) c'est que l'on s'occupe davantage des personnes et moins des catégories. (…) c'est que le fonctionnaire en tant que personne ne s'efface pas derrière des textes, des indices, des procédures. »

Concours et évaluation
« L'individualisation des carrières, la révolution que constituerait une véritable gestion des ressources humaines, appelle bien sûr une autre révolution, celle de la formation continue, celle de la validation des compétences et en corollaire, je veux une réflexion sur la culture du concours et sur la notation. »

Un nouveau pacte avec les citoyens
« Ce pacte, je l'appelle SERVICE PUBLIC 2012, car cela ne se fera pas en un jour. Mais l'ensemble de ces engagements devront être tenus durant mon quinquennat. »

Fin des CAP et du paritarisme
« Je propose d'organiser davantage le dialogue social dans l'administration autour du service plutôt que des corps, parce que le dialogue social ne consiste pas à passer en revue des centaines d'actes administratifs individuels mais à discuter ensemble d'une politique de gestion des ressources humaines. (…) Je suggère que l'on abandonne la composition strictement paritaire des instances de dialogue social, qui a mal vieilli. Que d'heures perdues à tant de formalisme au lieu de discuter vraiment des préoccupations des fonctionnaires ! »

Vers une réforme de la représentativité
« Je propose de favoriser partout la logique démocratique de l'élection. Je veux aussi poser la question de la représentativité, comme dans le secteur privé, pour conjuguer démocratie sociale et respect des différentes sensibilités syndicales. »

Interview de Gérard Aschieri à l'issue du discours présidentiel (extraits)

Propos rapportés par l'AFP

Le secrétaire général de la FSU, a reproché mercredi au président Nicolas Sarkozy de se livrer à un « dynamitage des principes fondateurs de la fonction publique », sans apporter de réponses aux fonctionnaires sur les salaires et l'emploi.
« On a eu un éloge des fonctionnaires et, derrière, quelque chose qui s'apparente à un dynamitage de tous les principes fondateurs de la fonction publique et en même temps, aucune réponse aux questions qu'on posait en matière de salaires ou d'emploi », a déclaré M. Aschieri sur i-Télé.
Ce discours « ne répond ni aux attentes des fonctionnaires, ni à ce qu'est la fonction publique et à ce qu'attendent les usagers », a jugé le leader syndical.
"J'ai entendu le président de la République faire un grand discours sur : « II ne faut pas gérer des statuts, mais des personnes ». Eh bien, les personnes ont besoin de se nourrir, de s'habiller, de se loger, elles ont besoin de pouvoir d'achat, et ça, ça n'est absolument pas présent !", a-t-il poursuivi, ajoutant que « les heures supplémentaires ne sont pas la réponse ». M. Aschieri a jugé qu'il fallait « aller assez vite vers des formes de mobilisation à discuter », sans que ce soit « nécessairement la grève ou les manifestations ».
« Il va falloir que le personnel s'en mêle, mais aussi que l'opinion s'en mêle ».