Publié le 11-10-2007

18 OCTOBRE : UNE ETAPE

Les annonces du président de la République confirment la volonté d’un bouleversement du modèle social français. Elles renvoient l’emploi, la solidarité, l’augmentation du pouvoir d’achat, les retraites, la protection sociale et la santé à la responsabilité individuelle des salariés et à leur seul travail.

La fonction publique et les services publics sont considérés exclusivement comme des coûts : les richesses produites et les redistributions auxquelles ils contribuent sont niées.
Les 22700 suppressions de postes inscrites au budget 2008 mettent en péril nombre de missions de services publics et les fonctionnaires sont promis à une nouvelle perte de pouvoir d’achat pour 2007 de l’ordre de 1,5 % s’ajoutant au passif de – 6 % depuis 2000.
Quant à la « révolution culturelle » des fonctions publiques prônée par Sarkozy, elle ouvre le chantier de la démolition de leurs principes fondateurs : concours, statuts, carrière.

L’Education est au premier rang des secteurs visés

12000 postes supprimés dont près de 10000 dans le second degré (rentrée 2008). La politique scolaire qui se dessine, après la loi sur la « réforme des universités » votée cet été dans la précipitation, prétend réduire les horaires offerts aux élèves, réduire l’offre, la qualité et la diversité des formations. Elle renvoie sur les individus, personnels ou élèves, la responsabilité des échecs en développant la perspective de la concurrence, de la maternelle à l’université.

Tant sur la stratégie que sur la méthode utilisée, Sarkozy fait preuve d’une redoutable cohérence : cohérence idéologique autour des thématiques de la responsabilisation, de la rupture avec les principes collectifs, au profit du mérite et de l’individualisation omniprésents dans ses discours ; cohérence de la méthode, précipitant le rythme, découpant le social en tranches, sur fond de dramatisation (le pays en faillite).

Le mouvement syndical se doit de trouver
les formes et les forces pour riposter.

  • Cela suppose d’abord une parfaite perception des enjeux de la méthode Sarkozy.
  • Cela suppose ensuite une volonté partagée de surmonter les divisions et les faiblesses syndicales et donc de porter une extrême attention à ne pas isoler le secteur public et la fonction publique du reste des salariés.
  • Cela suppose d’entreprendre des démarches de rapprochement des positions, de ne pas aller chacun de son côté aux convocations gouvernementales, d’élaborer en commun des propositions ou des contre-propositions qui rassemblent.
  • Cela suppose enfin de construire par étapes des alternatives et un rapport de force pour les imposer.

Nul doute que l'attaque sur les régimes spéciaux ne constitue que le prélude à un nouveau recul pour tous sur les retraites – et de ce point de vue l'annonce par Fillon du passage à 41 annuités est sans ambiguïté sur les intentions gouvernementales.
Il reste que les débats syndicaux et les positionnements sur l'action du 18 octobre centrée sur les régimes spéciaux, ont été et restent marqués par de sérieux blocages sur la question de l'élargissement de cette journée à l'ensemble des reculs attachés à la politique Sarkozy. En témoignent la diversité des rythmes et des niveaux d'engagement selon les secteurs, selon les territoires.

Les démarches nationales du SNES et de la FSU, sur les questions d'unité syndicale, de cohérence et d'élargissement des plates-formes revendicatives, n'ont pas pu aboutir dans les intersyndicales, tant au plan de l'Education qu'à celui de la fonction publique.

Cela n'a donc pas permis un appel national à la grève de la part de la FSU mais un appel à la mobilisation, notamment en participant nombreux aux manifestations du 18 octobre pour faire de cette journée une première étape. Et cela, dans la perspective d'en construire une deuxième, plus large, plus unitaire, autour d'exigences partagées et qui rassemblent public et privé, dans la grève :

  • sur l'intérêt général et le service public,
  • le pouvoir d'achat et le partage des richesses,
  • la protection sociale et la santé,
  • le travail (le droit au travail pour tous, les conditions de travail, l'organisation du travail, la fin d'activité…)

MANIFESTATIONS en HAUTE-VIENNE
10 h 30 - Place de la République