Publié le 14-05-08
Haute Vienne : CDEN du 07/05/2008

Compte-rendu du CDEN du 7 mai 2008

Préparation de la rentrée 2008 dans le 1er degré et dans les collèges de la Haute-Vienne.

Le Conseil Départemental de l’Education Nationale, instance purement consultative, se tient en présence notamment de représentants des personnels enseignants, de ceux des fédérations de parents d’élèves, ainsi que de maires et de conseillers généraux. Il devait initialement avoir lieu le mardi 30 avril , mais a été annulé suite aux manifestations devant la Préfecture de parents d’élèves du 1er degré et de lycéens et à des actions de blocage. Par soutien, nous avions donc décidé de ne pas chercher à forcer les « barrages ».

En revanche, les représentants syndicaux des personnels enseignants ont convenu d’assister au CDEN du mercredi 7 mai, sachant qu’il se tiendrait, quorum atteint ou pas. C’était donc pour nous la seule solution pour nous exprimer notamment devant les élus de la nation et les parents d’élèves. La FSU a été d’ailleurs le seul syndicat à faire une déclaration préalable pour resituer le contexte général de cette rentrée 2008 tout en s’appuyant sur des exemples locaux (Lire la motion ci-dessous). Cette démarche a semble-t-il porté ses fruits, puisque, d’une part, M. l’Inspecteur d’Académie a ensuite dit qu’il ne trouvait « rien à redire » à cette motion et, d’autre part, plusieurs intervenants, représentants syndicaux ou parents d’élèves, se sont ensuite appuyés sur notre déclaration en l’approuvant le plus souvent !

En ce qui concerne les collèges, peu d’éléments nouveaux ont été apportés par rapport au Comité Technique Paritaire DépartementalCTPD qui s’était tenu à l’Inspection Académique fin mars (Voir le compte-rendu de ce CTPD). Nous avons lourdement insisté sur le fait que, courant juin, nous réexaminerons de très près la situation des effectifs par classe et qu’en cas de dépassement des seuils retenus par l’IA (28 élèves en 6ème, 5ème et 4ème ; 30 en 3ème), nous entamerons en concertation avec les enseignants, les parents d’élèves et les élus si possible, des démarches auprès de M. l’Inspecteur d’Académie, pour obtenir la création de nouvelles divisions, ou, en tout cas, des heures postes pour permettre au minimum des dédoublements pour l’enseignement de certaines disciplines. Une action départementale menée notamment par le SNES, n’est pas à exclure suivant les remontées d’information dont nous disposerons tout en tenant aussi compte des retombées de la quasi-suppression de la carte scolaire.
Au moment où les conseils d’enseignement commencent à avoir lieu, il convient aussi de rester prudents par rapport à l’attribution des heures supplémentaires qui sont parfois nombreuses dans certaines disciplines. Ce peut être l’occasion pour les secrétaires de S1 de relancer la signature des pétitions sur le refus des heures supplémentaires au-delà de l’heure pouvant être imposée.

Autrement dit, nous devons rester vigilants jusqu’à la fin de l’année scolaire afin de tenter de limiter les effets d’une rentrée 2008 qui s’annonce fort inquiétante à plusieurs titres.

Motion de la FSU pour le CDEN du mercredi 7 mai 2008

Alors qu’on nous annonce une rentrée 2008 plutôt calme dans les collèges, l’examen approfondi des documents préparatoires à ce CDEN révèle une situation inquiétante et qui se dégrade.

Tout d’abord, les prévisions pour la rentrée 2008 font état d’une forte augmentation du nombre d’élèves par rapport au constat de la rentrée 2007 (+ 203 élèves) ce qui laisserait supposer a priori la création d’un certain nombre de divisions ; or, il n’en est rien puisque, sur l’ensemble du département, c’est une classe qui doit être supprimée.
Il est donc aisé d’en déduire qu’il y aura une augmentation sensible du nombre d’élèves par classe. Ainsi, certains collèges comme ceux d’Aixe-sur-Vienne ou d’Ambazac auront une moyenne d'environ 27,5 élèves par division. Au collège d’Isle, alors que le seuil de constitution des classes de 3ème reste à 30, il est prévu à ce jour que 4 des 5 classes de ce niveau compteront 31 élèves. Autant dire que les conditions d’enseignement vont se dégrader et qu’il est difficile d’envisager que les enseignants, malgré toute leur bonne volonté, puissent préparer les élèves au brevet dans de bonnes conditions (exemple des langues vivantes). Nous espérons donc d’ores et déjà que la situation sera réexaminée de près au mois de juin et nous envisagerons alors, en concertation avec les parents d'élèves et les élus locaux, les actions nécessaires pour obtenir la création de plusieurs divisions supplémentaires, là où cela s’imposera.
         
Nous remarquons aussi l’augmentation sensible des HSA attribuées (+89 HSA, soit l’équivalent de 5 Equivalent Temps PleinETP , alors que 85 heures postes vont être supprimées). Cela conduit à des situations absurdes et inacceptables de suppression de postes alors que, dans le même temps, les chefs d’établissement sont contraints d’imposer à des collègues jusqu’à 4 HSA, ce qui est loin d’être accepté spontanément, d’autant plus que le texte officiel, toujours en vigueur à ce jour, permet de refuser les heures supplémentaires au-delà de la 1ère. Ainsi, à l'appel du SNES-FSU, de nombreux collègues se sont mobilisés dans les établissements, et continuent à le faire, pour refuser collectivement toute heure supplémentaire au-delà de l'heure exigible.

Enfin, nous déplorons la suppression de 29 postes – dont 8 mesures de carte scolaire – très partiellement compensée par quelques créations. Cela va en contradiction avec l’évolution du nombre d’élèves attendus dans les collèges et ne fait que confirmer nos craintes déjà amplifiées par les annonces gouvernementales d’une accélération de la suppression de postes dans la fonction publique en général. A ce propos, nous condamnons aussi la décision de ne plus renouveler systématiquement les postes d’assistants d’éducation ce qui commence à avoir des conséquences lourdes dans certains établissements comme pour le collège d’Eymoutiers. Ceci pourrait d’ailleurs laisser croire qu’il n’y a plus de volonté d’équilibre territorial et qu’à moyen terme, la fermeture d’établissements ruraux n’est pas exclue.

Comme nous l’avons cité précédemment, le nombre d’élèves attendus dans les collèges ne va aller qu’en augmentant. Qu’en est-il de la situation du premier degré dans le département ? Depuis 2003, il connaît une augmentation très régulière de ses effectifs :

200320042005 20062007 total sur les 5 années 1831 élèves en plus
+377+409+421+370+ 254

En ce qui concerne la rentrée 2008, il s’agirait de 433 élèves de plus dans le département.
Alors, effectivement, l’Académie s’est vu octroyer 12 postes dont 10 pour la Haute-Vienne ; mais cela ne suffit pas pour répondre à toutes les demandes légitimes d’ouverture de classe et conduit par ailleurs à en fermer certaines dont les effectifs sont moins importants. Le rapport poste / élèves continue donc à se dégrader, ainsi que le taux d’encadrement. De ce fait, des situations sont très tendues comme pour l'école maternelle de Rilhac Rancon, le Vigen, Janailhac et d’autres. Deux écoles rurales vont fermer au profit d’un regroupement dans une commune. Faut-il y voir un signe ? – cela faisait 5 ans qu'aucune école n'avait été fermée dans le département. Et on nous dit dans les médias qu’il faut faire mieux d’école et pas plus d’école. Le qualitatif au détriment du quantitatif ???

Nous demandons par conséquent une révision complète de la politique éducative du gouvernement qui va à l’encontre de l’emploi, des personnels d’enseignement et des élèves et, donc, de l’intérêt public.