Publié le 31-03-2008
Haute-Vienne, CTPD du 27 mars 2008

Bilan du CTPD du jeudi 27 mars 2008 pour le second degré

Une déclaration préalable a été lue au titre de la FSU, c’est-à-dire le SNES et le SNEP. Vous trouverez donc juste ci-dessous quelques commentaires ou compléments d’informations.

En ce qui concerne les suppressions de postes, si on met à part 4 cas de transformation, on arrive à un bilan de 24 postes supprimés (7 mesures de carte scolaire, 10 fins de CPA, 3 départs en retraite et 4 postes dits vacants) pour seulement 8 véritables créations dont certaines comprennent des compléments de service à faire dans d’autres établissements. Ceci va avoir de lourdes conséquences sur le mouvement intra-académique et réduire encore plus les possibilités de mobilité des collègues.

Etant donné la forte hausse prévue des effectifs et la suppression globale, c’est-à-dire sur l’ensemble des collèges du 87 d’une division, cela suppose un alourdissement sensible des effectifs par classe (voir la motion). Ainsi, nous avons appris qu’au collège d’Ambazac, la moyenne des élèves par classe de 6ème et de 5ème serait de 28 ce qui représente juste le seuil de constitution d’une nouvelle division (28 élèves par classe en 6ème, 5ème et 4ème, 30 en 3ème). A ce propos, en évoquant la situation du collège d’Isle pour les classes de 3ème, l’Inspecteur d’Académie a affirmé que ces seuils ne sont que théoriques et qu’il n’était pas question de créer systématiquement une nouvelle division dès que l’on dépassera la barre fatidique. Nous lui avons rétorqué que pour les collègues concernés, ce ne serait pas de la théorie, mais que les conditions pratiques d’enseignement deviendront encore plus difficiles, tout particulièrement pour les disciplines expérimentales et pour les langues vivantes.

Par ailleurs, l’IA a annoncé la poursuite des dispositifs initiés comme les classes bilangues... etc, mais l’absence d’ouverture de nouvelles structures à l’exception notable et plutôt positive d’un dispositif SEGPA 6ème à Saint-Léonard-de-Noblat (classe de 16 élèves).

Donc, si ce sont les lycées qui restent effectivement les plus touchés par les conditions de préparation de la rentrée 2008, les collèges ne sont pas non plus épargnés. Il faudra rester très vigilants au mois de juin par rapport aux affectifs annoncés par classe et par niveau et se mobiliser, si nécessaire, avec les parents d’élèves et les élus afin d’obtenir la création de nouvelles divisions ou, tout au moins, l’obtention d’heures-postes – et non d’heures supplémentaires – permettant des dédoublements... etc

Motion de la FSU (SNES, SNEP) : CTPD du jeudi 27 mars 2008

Alors qu’on nous annonce une rentrée 2008 plutôt calme dans les collèges, l’examen approfondi des documents préparatoires à ce CTPD révèle une situation inquiétante et qui se dégrade.

Tout d’abord, les prévisions pour la rentrée 2008 font état d’une forte augmentation du nombre d’élèves par rapport au constat de la rentrée 2007 (+ 203 élèves) ce qui laisserait supposer a priori la création d’un certain nombre de divisions ; or, il n’en est rien puisque, sur l’ensemble du département, c’est une classe qui doit être supprimée.
Il est donc aisé d’en déduire qu’il y aura une augmentation sensible du nombre d’élèves par classe. Ainsi, certains collèges comme ceux d’Aixe-sur-Vienne ou d’Ambazac auront une moyenne d'environ 27,5 élèves par division. Au collège d’Isle, alors que le seuil de constitution des classes de 3ème reste à 30, il est prévu à ce jour que 4 des 5 classes de ce niveau compteront 31 élèves. Autant dire que les conditions d’enseignement vont se dégrader et qu’il est difficile d’envisager que les enseignants, malgré toute leur bonne volonté, puissent préparer les élèves au brevet dans de bonnes conditions (ex. des langues vivantes). Nous espérons donc d’ores et déjà que la situation sera réexaminée de près au mois de juin et nous envisagerons alors, en concertation avec les parents d'élèves et les élus locaux, les actions nécessaires pour obtenir la création de plusieurs divisions supplémentaires, là où cela s’imposera.

En ce qui concerne les dotations attribuées aux établissements, nous constatons que certaines ne leur permettront pas de fonctionner dans le respect des textes réglementaires ou, en tout cas, dans des conditions satisfaisantes et dans l’intérêt de tous. Ainsi, au collège d’Eymoutiers, le choix a été fait comme dans d’autres établissements de maintenir dans un ou au mieux deux niveau(x) des groupes pour les enseignements expérimentaux (technologie, SVT, sciences physiques), ce pour des raisons évidentes de sécurité et aussi de place ; mais cela se fait aux dépens d’autres enseignements comme les études dirigées et l’option découverte professionnelle 3h.

Nous remarquons aussi l’augmentation sensible des HSA attribuées (+89 HSA, soit l’équivalent de 5 ETP, alors que 85 heures postes vont être supprimées). Cela conduit à des situations absurdes et inacceptables de suppression de postes alors que, dans le même temps, les chefs d’établissement veulent imposer à des collègues jusqu’à 4 HSA, ce qui est loin d’être accepté spontanément, d’autant plus que le texte officiel, toujours en vigueur à ce jour, permet de refuser les heures supplémentaires au-delà de la 1ère. Ainsi, à l'appel du SNES-FSU, de nombreux collègues se sont mobilisés dans les établissements pour refuser collectivement toute heure supplémentaire au-delà de l'heure exigible.

Enfin, nous déplorons la suppression de 22 postes – dont 7 mesures de carte scolaire – très partiellement compensée par quelques créations. Cela va en contradiction avec l’évolution du nombre d’élèves attendus dans les collèges et ne fait que confirmer nos craintes déjà amplifiées par les annonces gouvernementales d’une accélération de la suppression de postes dans la fonction publique en général. A ce propos, nous condamnons aussi la décision de ne plus renouveler systématiquement les postes d’assistants d’éducation ce qui commence à avoir des conséquences lourdes dans certains établissements comme, une fois encore, le collège d’Eymoutiers. Ceci pourrait d’ailleurs laisser croire qu’il n’y a plus de volonté d’équilibre territorial et qu’à moyen terme, la fermeture d’établissements ruraux n’est pas exclue.

Nous demandons donc une révision complète de la politique éducative du gouvernement qui va à l’encontre de l’emploi, des personnels d’enseignement et des élèves et, donc de l’intérêt public.